Reality based self defense?
Il y a quelques mois de cela, j'ai fait un commentaire suite à un article de Léo Tamaki sur son blog.
Si l'échange a été vif, il était néanmoins emprunt de retenue et de respect, et ce tant de la part de Léo, que de la part de la plupart des commentateurs que j'ai identifié comme étant ses élèves. Je passerai sous silence les quelques commentaires acerbes et désobligeants qui poursuivent la tradition bien ancrée de la loi du silence et de l'omerta que le petit monde de l'Aïkido peut connaître parfois.
Il y a certains sujets tabous : les rapports entre l'Aïkido et la réalité de l'agression en font partie.
C'est bien dommage parce qu'à mon sens l'exploration de cette question n'est pas forcément négative pour la discipline mais peut conduire à la redécouvrir sous un angle plus lucide et adulte et à laisser de coté les fantasmes de toute puissance qui caractérisent pas mal de pratiquants.
Lors de mon inscription à mon Dojo préféré, j'entendais d'une oreille distraite une conversation tournant autour de la sempiternelle question de l'efficacité de l'Aïkido comparée à d'autres disciplines.
l'Aïkido est-il adapté à la gestion d'une confrontation réelle, de type non sportive? L'aïkido est-il une méthode de self défense "réality based"? Qui c'est le plus fort le karateka qui n'en veut ou l'Aïkidoka très très méchant avec ses clés imparables?
Voici des questions que tout professeur d'Aïkido doit entendre régulièrement de la part de ses nouveaux arrivants.
J'aimerais m'attarder sur les premières questions : l'AÏkido prépare-t'il à la gestion d'une agression réelle dans la rue? Peut-il être assimilé à une méthode de self défense applicable en vrai?
Autant être clair et le dire tout de suite : Pour moi la réponse est non mais... je vais nuancer :-)
A mon sens, et c'est pour moi une évidence, l'Aïkido ne prépare pas à la réalité d'une confrontation violente.
Rory Miller, auteur de référence sur la question distingue hors le combat sportif en gros deux types d'agression :
- L'agression dite "monkey dance" qui est en gros la même chose que les combats des animaux pour l'accès à la femelle ou à la dominance sur un groupe. Ce type d'agression s'il peut avoir des conséquences graves ne vise pas à l'élimination de l'autre mais plutôt à la domination.
- L'agression d'anéantissement qu'on retrouve en situation de guerre ou de prédation criminelle, dans laquelle il est réellement question de vie ou de mort.
En ce qui me concerne, je considère que l'Aïkido ne prépare correctement à aucune de ces deux occurrences. Il n'est en aucun cas une forme de self défense applicable et basée sur le réel.
L'Aïkido, au même titre que d'autres budos, comporte une très large part de recherche artistique. En Aïkido c'est même plus prégnant que dans d'autres Budos. Bien souvent la recherche artistique ou philosophique prime sur le pragmatisme. On cherche le mouvement pur, optimisé, le mouvement juste dans un but de purification personnelle. J'assimile personnellement la recherche en Aïkido à la recherche de la voie de la cérémonie du thé ou plus proche de notre discipline au Kyudo tir à l'arc rituel ou il s'agit plus d'élévation et de méditation que de précision et de performance. Il s'agit d'une ritualisation d'une pratique dans un but d'élévation spirituelle voire d'éducation physique pour les budos.
Pour un réflexion plus détaillée sur la question de la nature des budos et de la différence avec les Bujutsu, je renvoie à un excellent article de Guillaume Erard sur le sujet.
Il existe aujourd'hui un courant d'enseignement de la self défense dite basée sur la réalité (Réality based self défense ou RBSD). On y trouve de tout, du mauvais bien souvent mais parfois du bon. Pour des gens sérieux, j'invite à se tourner vers Rory Miller, Richard Dimitri avec son Senshido ou Robert Paturel en France avec l'ADAC. Il y en a d'autres...
L'idée est au travers d'une analyse scientifique des paramètres et facteurs d'une agression réelle de développer des méthodes propres à augmenter les chances de survie sans dommage des pratiquants.
Selon moi donc l'Aïkido n'a strictement rien à voir avec la RBSD et la RBSD a plus à voir avec les Bujutsus anciens.
En, matière de RBSD, l'idée est l'efficacité maximum quand à l'objectif considéré (à savoir sauver sa peau) sans considération esthétique ou de perfection.
Quelques exemples vidéo mettant en scène Richard Dimitri, une personne dont le sérieux en la matière ne fait aucun doute : dans la vidéo ci-dessous, on vise les yeux... Il n'est pas difficile de penser à irimi nage dans ce cas. Par contre, on ne voit aucune recherche de pureté technique, recherche artistique s'il en est.
Autre différence de taille entre pratique de Dojo et ce qui est enseigné en RBSD : la gestion de la charge émotionnelle d'une agression (voir à 4 mn) :
Une vraie agression peut être moins élaborée techniquement et puissante qu'une attaque de Dojo, mais elle comporte toujours un paramètre supplémentaire qui la rend tellement plus dangereuse : la charge émotionnelle. Se faire saisir le poignet est une chose, mais subir en plus des insultes verbales, des crachats, une haleine fétide et alcoolisée, en est une toute autre.
Ces vidéos montrent au moins deux choses :
- L'une est qu'une agression réelle n'a que peu de choses en commun avec ce qu'on travaille en dojo en tout cas à ma connaissance.
- l'autre est qu'évidemment la pratique de l'Aïkido telle que je le connais et que je l'apprécie également, ne prépare que peu voire pas à certains paramètres rencontrés dans une agression.
Faut-il en déduire pour autant que la pratique d'un art martial en particulier l'Aïkido, ne sert à rien en matière de self défense abordée d'un point de vue réaliste?
A mon humble avis non.
D'abord il est évident que certaine qualités développées grâce à la pratique de l'Aïkido sont d'une extrême utilité : je vais en citer quelques unes :
- sensibilité corporelle et sensibilité aux intentions de l'autre : Richard Dimitri dont j'ai abondamment utilisé les vidéos, indique qu'il est primordial de pouvoir sentir lors d'un clinch, par le simple contact, une main qui irait dans le dos chercher une arme. Voir ses 5 principes de réponse à l'agression.
Or les exercices de sensibilité corporelle via un simple contact, n'est ce pas ce qu'on pratique à longueur de temps sous toutes ses formes dans un dojo d'Aïkido? Simplement on n'imagine pas, en tous cas moi je n'imaginais pas jusqu'à ce que je m'intéresse au monde de la RBSD, que ces exercices étaient d'une telle importance dans les systèmes de SD sérieux...
- la souplesse corporelle, condition physique et une meilleure utilisation du corps. C'est indéniable l'Aïkido donne un avantage dans ce domaine. Un Aïkidoka correctement entrainé, est souple plus endurant que la moyenne, relativement fort et sait aligner ses segments articulaires dans un action qu'il s'agisse de pousser ou même de frapper. Sauf que... pour la plupart d'entre nous, et j'ai pu le tester sur ma personne, nous sommes bien souvent fortement bloqués psychologiquement à l'idée de frapper quelqu'un quoiqu'on en dise. J'ai mis plusieurs mois de Systema à parvenir à frapper une personne consentante avec un minimum d'engagement tant j'étais embarrassé par la simple idée de frapper quelqu'un.
- Les qualités techniques : même si on peut discuter ad libitum de l'utilité de la recherche technique VS la liberté de pratique, il est certain que la recherche technique enseigne à minima à placer son corps, à comprendre les angles de déséquilibre et de faiblesse du corps humain ce qui est d'une importance cruciale en situation. C'est clairement un plus.
C'est un peu en contradiction avec ce que j'ai dit plus haut, on peut considérer que la situation d'avoir à se défendre pour sa vie est une situation extrême, qui sort des cadres de la vie normale et ou tout est chamboulé :
- Notre système de valeurs,
- nos perceptions de la réalité,
- la perception de la réalité de l'agresseur,
Il en découle que tout est possible d'après Rory Miller que j'ai déjà cité, même l'improbable. On peut se défendre avec succès avec des moyens dont on n'a pas idée, dés lors que l'on retombe en mode "animal". Morsure, cris primaires (assimilables au kiaï) etc peuvent permettre de s'en sortir. Il est possible également que des mouvements assimilables à des mouvements du répertoire technique de l'Aïkido sortent, mais, l'esprit dans lequel ils seront exécutés n'aura rien à voir avec ce qui est étudié dans les dojos.
Si l'échange a été vif, il était néanmoins emprunt de retenue et de respect, et ce tant de la part de Léo, que de la part de la plupart des commentateurs que j'ai identifié comme étant ses élèves. Je passerai sous silence les quelques commentaires acerbes et désobligeants qui poursuivent la tradition bien ancrée de la loi du silence et de l'omerta que le petit monde de l'Aïkido peut connaître parfois.
Il y a certains sujets tabous : les rapports entre l'Aïkido et la réalité de l'agression en font partie.
C'est bien dommage parce qu'à mon sens l'exploration de cette question n'est pas forcément négative pour la discipline mais peut conduire à la redécouvrir sous un angle plus lucide et adulte et à laisser de coté les fantasmes de toute puissance qui caractérisent pas mal de pratiquants.
Lors de mon inscription à mon Dojo préféré, j'entendais d'une oreille distraite une conversation tournant autour de la sempiternelle question de l'efficacité de l'Aïkido comparée à d'autres disciplines.
l'Aïkido est-il adapté à la gestion d'une confrontation réelle, de type non sportive? L'aïkido est-il une méthode de self défense "réality based"? Qui c'est le plus fort le karateka qui n'en veut ou l'Aïkidoka très très méchant avec ses clés imparables?
Voici des questions que tout professeur d'Aïkido doit entendre régulièrement de la part de ses nouveaux arrivants.
J'aimerais m'attarder sur les premières questions : l'AÏkido prépare-t'il à la gestion d'une agression réelle dans la rue? Peut-il être assimilé à une méthode de self défense applicable en vrai?
Autant être clair et le dire tout de suite : Pour moi la réponse est non mais... je vais nuancer :-)
Non!!! L'Aïkido n'est pas une préparation à la self défense réelle.
A mon sens, et c'est pour moi une évidence, l'Aïkido ne prépare pas à la réalité d'une confrontation violente.Rory Miller, auteur de référence sur la question distingue hors le combat sportif en gros deux types d'agression :
- L'agression dite "monkey dance" qui est en gros la même chose que les combats des animaux pour l'accès à la femelle ou à la dominance sur un groupe. Ce type d'agression s'il peut avoir des conséquences graves ne vise pas à l'élimination de l'autre mais plutôt à la domination.
- L'agression d'anéantissement qu'on retrouve en situation de guerre ou de prédation criminelle, dans laquelle il est réellement question de vie ou de mort.
En ce qui me concerne, je considère que l'Aïkido ne prépare correctement à aucune de ces deux occurrences. Il n'est en aucun cas une forme de self défense applicable et basée sur le réel.
L'Aïkido, au même titre que d'autres budos, comporte une très large part de recherche artistique. En Aïkido c'est même plus prégnant que dans d'autres Budos. Bien souvent la recherche artistique ou philosophique prime sur le pragmatisme. On cherche le mouvement pur, optimisé, le mouvement juste dans un but de purification personnelle. J'assimile personnellement la recherche en Aïkido à la recherche de la voie de la cérémonie du thé ou plus proche de notre discipline au Kyudo tir à l'arc rituel ou il s'agit plus d'élévation et de méditation que de précision et de performance. Il s'agit d'une ritualisation d'une pratique dans un but d'élévation spirituelle voire d'éducation physique pour les budos.
Pour un réflexion plus détaillée sur la question de la nature des budos et de la différence avec les Bujutsu, je renvoie à un excellent article de Guillaume Erard sur le sujet.
Il existe aujourd'hui un courant d'enseignement de la self défense dite basée sur la réalité (Réality based self défense ou RBSD). On y trouve de tout, du mauvais bien souvent mais parfois du bon. Pour des gens sérieux, j'invite à se tourner vers Rory Miller, Richard Dimitri avec son Senshido ou Robert Paturel en France avec l'ADAC. Il y en a d'autres...
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| Robert Paturel. |
Selon moi donc l'Aïkido n'a strictement rien à voir avec la RBSD et la RBSD a plus à voir avec les Bujutsus anciens.
En, matière de RBSD, l'idée est l'efficacité maximum quand à l'objectif considéré (à savoir sauver sa peau) sans considération esthétique ou de perfection.
Quelques exemples vidéo mettant en scène Richard Dimitri, une personne dont le sérieux en la matière ne fait aucun doute : dans la vidéo ci-dessous, on vise les yeux... Il n'est pas difficile de penser à irimi nage dans ce cas. Par contre, on ne voit aucune recherche de pureté technique, recherche artistique s'il en est.
Autre différence de taille entre pratique de Dojo et ce qui est enseigné en RBSD : la gestion de la charge émotionnelle d'une agression (voir à 4 mn) :
Une vraie agression peut être moins élaborée techniquement et puissante qu'une attaque de Dojo, mais elle comporte toujours un paramètre supplémentaire qui la rend tellement plus dangereuse : la charge émotionnelle. Se faire saisir le poignet est une chose, mais subir en plus des insultes verbales, des crachats, une haleine fétide et alcoolisée, en est une toute autre.
Ces vidéos montrent au moins deux choses :
- L'une est qu'une agression réelle n'a que peu de choses en commun avec ce qu'on travaille en dojo en tout cas à ma connaissance.
- l'autre est qu'évidemment la pratique de l'Aïkido telle que je le connais et que je l'apprécie également, ne prépare que peu voire pas à certains paramètres rencontrés dans une agression.
Non mais... (de la nuance).
Faut-il en déduire pour autant que la pratique d'un art martial en particulier l'Aïkido, ne sert à rien en matière de self défense abordée d'un point de vue réaliste?
A mon humble avis non.
Les qualités développées :
D'abord il est évident que certaine qualités développées grâce à la pratique de l'Aïkido sont d'une extrême utilité : je vais en citer quelques unes :
- sensibilité corporelle et sensibilité aux intentions de l'autre : Richard Dimitri dont j'ai abondamment utilisé les vidéos, indique qu'il est primordial de pouvoir sentir lors d'un clinch, par le simple contact, une main qui irait dans le dos chercher une arme. Voir ses 5 principes de réponse à l'agression.
Or les exercices de sensibilité corporelle via un simple contact, n'est ce pas ce qu'on pratique à longueur de temps sous toutes ses formes dans un dojo d'Aïkido? Simplement on n'imagine pas, en tous cas moi je n'imaginais pas jusqu'à ce que je m'intéresse au monde de la RBSD, que ces exercices étaient d'une telle importance dans les systèmes de SD sérieux...
- la souplesse corporelle, condition physique et une meilleure utilisation du corps. C'est indéniable l'Aïkido donne un avantage dans ce domaine. Un Aïkidoka correctement entrainé, est souple plus endurant que la moyenne, relativement fort et sait aligner ses segments articulaires dans un action qu'il s'agisse de pousser ou même de frapper. Sauf que... pour la plupart d'entre nous, et j'ai pu le tester sur ma personne, nous sommes bien souvent fortement bloqués psychologiquement à l'idée de frapper quelqu'un quoiqu'on en dise. J'ai mis plusieurs mois de Systema à parvenir à frapper une personne consentante avec un minimum d'engagement tant j'étais embarrassé par la simple idée de frapper quelqu'un.
- Les qualités techniques : même si on peut discuter ad libitum de l'utilité de la recherche technique VS la liberté de pratique, il est certain que la recherche technique enseigne à minima à placer son corps, à comprendre les angles de déséquilibre et de faiblesse du corps humain ce qui est d'une importance cruciale en situation. C'est clairement un plus.
Un état de conscience modifié :
C'est un peu en contradiction avec ce que j'ai dit plus haut, on peut considérer que la situation d'avoir à se défendre pour sa vie est une situation extrême, qui sort des cadres de la vie normale et ou tout est chamboulé :
- Notre système de valeurs,
- nos perceptions de la réalité,
- la perception de la réalité de l'agresseur,
En d'autres termes on est là dans un état de conscience modifiée.
Il en découle que tout est possible d'après Rory Miller que j'ai déjà cité, même l'improbable. On peut se défendre avec succès avec des moyens dont on n'a pas idée, dés lors que l'on retombe en mode "animal". Morsure, cris primaires (assimilables au kiaï) etc peuvent permettre de s'en sortir. Il est possible également que des mouvements assimilables à des mouvements du répertoire technique de l'Aïkido sortent, mais, l'esprit dans lequel ils seront exécutés n'aura rien à voir avec ce qui est étudié dans les dojos.
La désescalade :
Tous les systèmes sérieux de RBSD insistent beaucoup sur le préconflit, sur la nécessité de parfois négocier, de désescalader.
L'idée est de suivre dans cet ordre les idées suivantes : Eviter plutôt que d'avoir à négocier, négocier plutôt que d'avoir à fuir, fuir plutot que d'avoir à se battre, se battre plutôt que d'envisager la blessure ou la mort.
Or l'aïkido intègre une forme de désescalade du conflit, s'il est pratiqué correctement. L'idée de garde sans garde est très présente dans la discipline. Or c'est la base même de beaucoup d'enseignements prévus dans la RBSD pour se mettre en garde sans pour autant le montrer. l'Aïkido prévoit dans de nombreuses écoles, la dissimulation de ses intentions, principe primordial en matière de SD.Pour conclure :
J'aimerais donc une bonne fois pour toute faire passer ce message : si vous venez à l'Aïkido pour la self défense, la vraie, vous vous égarez. D'autres disciplines feront le job au moins mille fois mieux et mille fois plus rapidement que l'Aïkido.
Rappelons le encore une fois : L'Aïkido est un budo. Une méthode d'éducation du corps et de l'esprit fortement imprégnée de la culture japonaise, et fondée sur des pratiques martiales transformées et adaptées pour pouvoir atteindre ce but.
Cela ne signifie évidemment pas que les techniques enseignées et les principes martiaux incorporés n'ont pas d'utilité martiale ou qu'ils sont faux. Rappelons que les personnes qui ont fondé les budos en questions connaissaient les arts utilitaristes qui les précédaient.
Non, ils sont en quelque sorte détournés et transformés pour servir des buts plus élevés que la self défense.
Progresser sur la voie de la connaissance de son corps, devenir un meilleur être humain, pouvoir appliquer dans sa vie courante des principes martiaux éprouvés, avoir une meilleure confiance en soi, pratiquer un pacifisme actif qui ne soit pas une victimisation, ne sont-ce pas des buts en soi fort estimables et souhaitables?
Bonne rentrée :-)




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